Technique tout à fait appréciable, voix unique, réelle prise de rique artistique |
Note globale |
Arrangements pas assez percutants, résultat final moins bon que sur le papier |
Editeur
: Reprise
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Durée
totale : 1 h 09
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- (PCM) Image NTSC |
CD
du concert |
Kaworu m'a demandé si c'était un Blu-Ray. Je pense que ça résume bien le résultat final. A part quelques couleurs baveuses empirées par le NTSC, ce disque possède un piqué magnifique, une réalisation tout à fait correcte et une fluidité exemplaire. | ||
La stéréo est tout à fait correcte mais attention, le mélange voix/orchestre risque de heurter quelques oreilles habituées à un autre résultat dans ce domaine. Le 5.1 ressemble trop souvent à de la double stéréo mais c'est uniquement dû aux arrangements : dommage, quand c'est bon, c'est très bon. | ||
L'album Elect the Dead entier (plus des faces B) et dans un autre ordre (pas toujours génial d'ailleurs). Court et parfois intense mais beaucoup plus monolithique que prévu. | ||
Un making-of meilleur que la moyenne mais bien trop court, et le CD audio qui est une excellente idée puisque les versions live font de ce disque pratiquement un nouvel album. |
Is System of a Down down ? On serait enclin à le croire. Voilà plusieurs années que le mythique groupe n'a pas donné signe de vie, éparpillé entre plusieurs projets. Son chanteur Serj Tankian en a profité pour sortir un premier album solo, mais plus encore, il a damé le pion à sa propre formation en sortant le premier un DVD live, et symphonique s'il vous plait ! Etrange mouvement de pion sur l'échiquier d'une carrière... Le projet semble encore plus mégalo et discutable si on ne connait SoaD que de réputation. Impression un peu atténuée en découvrant ledit premier album solo. Piano omniprésent, guitares et batterie très dynamiques, production moderne et clinique, voix très en avant et claire.... Et surtout refrains irrésistiblement pop ! Le disque ressemble en bien des points à Elements of Persuasion de James LaBrie, dans l'approche radicalement différente de son groupe d'origine ; et comme pour le rappeur Canadien, le projet solo de notre Arménien risque même de plaire plus que les disques de System. | |
C'est
paradoxal mais il faut dire que les atouts sont nombreux. Outre qu'il
y ait très peu de titres en-dessous (un Baby beaucoup trop
facile), on ne retrouve qu'une seule chanson qui ressemble un tant soit
peu au System : un Praise the Lord vindicativement barge. Pour
le reste, nous avons affaire à un album ne pouvant venir que d'un
vocaliste bien trempé, sûr de son art - en attestent quelques
prouesses lyriques et des scansions phénoménales. On retrouve
les quelques influences grandiloquentes d'un Queen, qui certes parsemaient
déjà un album comme Mesmerize, mais s'y ajoute une
sorte d'ambition tubesque se rapprochant de Foreigner. Cette description
fait déjà mieux passer la pilule auprès de ceux croyant
que SoaD est un groupe de neo-metal (c'est bien au-delà), et pourquoi
Tankian a accepté de se produire au milieu d'un orchestre pour
un concert classique.
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Classique ? Tout à fait. Il ne s'agit rien de moins qu'un concert pour orchestre accompagné d'un mezzo soprano. Alors bien sûr les gueuleries sur Money s'apparentent fort peu à du bel canto, mais sur le papier la description colle : pas de synthés, pas de batterie, et aucun élément moderne. Juste Serj, un orchestre philharmonique, un piano et une guitare acoustique (instrument qui rappellons-le n'a rien de contemporain et était déjà considéré comme instrument d'orchestre à l'époque baroque). Le pari était donc le suivant ; retranscrire toute l'emphase mélodique du chant en live, en transformant le son maniaque du studio en arrangements pour cordes et cuivres. Le résultat final ressemble un peu à découper une plaque de placo au plafond : c'est d'un niveau généralement haut, mais en dents de scie. | |
Côté
vocal, pas de soucis. Malgré quelques couacs ô combien pardonnables,
Tankian délivre une performance solide, sa voix si particulière
faisant des miracles à intervalles réguliers. Il est même
impressionnant de maîtrise sur Lie - n'oublions pas qu'il
ne dispose d'aucun effet vocal pour s'aider ! Chanter en "duo"
avec un orchestre ne semble pas un problème pour lui. Non, le hic
vient des arrangements. Qu'on se le dise ; non, toutes les chansons
pop ne fonctionnent pas forcément en configuration symphonique,
et si la force de l'album Elect the Dead provient en partie d'une
certaine hétérogénéité, son pendant
symphonique souffre d'arrangements certes massifs, certes bien fichus,
mais désespérément uniformes. Il n'y a que peu de
milieu entre silence entrecoupé de coups de triangle, et violons
tout pathos dehors. On est très loin du Hanoï d'Indochine
dans ce domaine. Certaines chansons fonctionnent bien (Saving Us, Empty
Walls), d'autres surprennent (la face B Blue, ce Money
bancal mais osé). Et l'avantage est qu'on a réellement affaire
à un "nouvel" album. Mais aussi curieux que cela paraisse,
aucun titre ne bénéficie de l'orchestre. Au contraire,
par moments ces "nouvelles" chansons, elles, auraient gagné
à bénéficier d'un groupe.
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L'impression est renforcée par deux détails : un orchestre qui a l'air de s'ennuyer ferme, et un public de sauvageons qui hurlent à chaque haussement de sourcil de Serj sans vraiment laisser la musique respirer. Et c'est bien dommage car au-delà de la simple idée (avouons que voir le DVD dans les bacs procure un choc si on n'était pas au courant), on sent qu'il y a eu du travail et de vraies bonnes intentions. Le disque en lui-même est tout sauf bâclé : image un peu baveuse mais très pro, vrai 5.1 (même si lui aussi souffre de l'uniformisation des arrangements). Et un tout petit making-of qu'on aurait aimé plus long tant les protagonistes y sont à l'aise. Voilà pourquoi la note ne peut pas descendre plus bas : il y a eu des efforts consentis, c'est juste le résultat final qui n'est pas à la hauteur des espérances... et d'ailleurs quelles espérances ? Au final, on sent bien que Tankian s'est avant tout fait plaisir, parce qu'il en avait l'opportunité, et parce que travailler avec un orchestre est une chance à ne jamais refuser. Et vous savez quoi ? Ch'uis d'accord avec Serj !
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16 mars 2009 - Salle des fêtes d'Auckland (Nouvelle-Zélande) |
01.
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Serj
Tankian - Chant,
piano
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Dan Monti - Guitare, choeurs |
Auckland
Philharmonia Orchestra
- Orchestre
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Hamish Mckeich - Direction |